Renouveau - Stéphane Mallarmé
Le printemps maladif a chassé tristement
L’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide,
Et, dans mon être à qui le sang morne préside
L’impuissance s’étire en un long bâillement.
Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne
Qu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau
Et triste, j’erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane
Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,
J’attends, en m’abîmant que mon ennui s’élève…
– Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveil
De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.
1866 dans la revue Le Parnasse contemporain
Je suis Stéphane Mallarmé, né en 1842 à Paris, et la poésie a toujours été ma manière d’explorer les profondeurs de l’esprit et de l’art. Dans mon poème « Renouveau », j’aborde le thème du printemps avec une touche de mystère et de délicatesse, évoquant la renaissance de la nature et les promesses qu’elle apporte. J’ai toujours été fasciné par les mots et les sonorités, et mon style est souvent caractérisé par une grande musicalité et une richesse d’images. À travers mes vers, j’espère inciter les lecteurs à réfléchir sur le changement et la beauté éphémère de la vie. La poésie, pour moi, est un acte de création qui transcende le quotidien, et « Renouveau » incarne cette quête d’harmonie et de sens. J’aime jouer avec les formes et les idées, car chaque poème est une invitation à ressentir et à rêver au-delà des apparences.