Aix-en-Provence - Vette de Fonclare
C’est une ville d’eau aux multiples fontaines
Qui roucoulent partout dans des bassins verdis.
Elle semble immuable et parfois assoupie
Quand le soleil trop chaud lui dicte sa géhenne.
Mais elle a deux aspects, et c’est en souveraine
Sage ou écervelée qu’elle mène sa vie.
Elle est folle et austère, réservée et hardie,
Et montre double face à ceux qui s’y promènent.
Royal et rafraîchi par d’énormes platanes,
C’est le cours Mirabeau qui l’a coupée en deux.
Gouailleur et léger, populaire et ombreux,
Le côté Nord est gai, même quand le mistral
Pour titiller un peu sa langueur occitane
Décoiffe la terrasse où badent les Aixois.
Le côté Sud est noble, altier et bien plus froid ;
Il y a moins de gens nez au vent qui y flânent.
Aix y est symétrique, et ses maisons anciennes
Y sont de pierre blonde et de piliers ocrés.
C’est un quartier sérieux et grave, qui se taît ,
Avec un peu de morgue et de grâce hautaines.
Publié le 29 mai 2008 sur son site personnel
Vette de Fonclare est une poétesse amoureuse de la Provence, et plus particulièrement d’Aix-en-Provence, ville qu’elle évoque avec tendresse et admiration dans ses poèmes. Avec Aix-en-Provence, elle nous plonge au cœur de cette cité baignée de lumière, entre les places ombragées, les fontaines chantantes et les façades dorées par le soleil. Son écriture délicate capte l’âme de la ville, son histoire vibrante et son atmosphère intemporelle. À travers ses vers, elle nous invite à flâner sur le Cours Mirabeau, à sentir le parfum du marché et à écouter le murmure des vieilles pierres. Vette de Fonclare sait rendre hommage à cette ville d’art et de culture, avec une poésie à la fois élégante et accessible, qui respire l’amour du Sud et le plaisir des instants simples.