Les Comtadines. - Paul Manivet

Blondes aux yeux d’azur, brunes au front vermeil,

 

Filles de notre ciel et de notre soleil,

 

Paysannes et citadines,

 

Vos charmes ne sont point par la mode trahis.

 

Comme on vous reconnaît !

 

Vous êtes du pays,

 

Même sans coiffes comtadines.

 

L’âme du Comté chante en vos propos joyeux ;

 

Jeanne, Laure, Zani rient encor dans vos yeux;

 

Vous êtes la vivante flore

 

Qui réjouit la rue, embaume le foyer ;

 

Et que, pour nous séduire ou pour nous égayer,

 

L’amour chaque avril fait éclore.

 

Sur nos trottoirs souillés, sur nos pavés pointus,

 

Je tremble pour vos pas, comme pour vos vertus.

 

Votre essor ailé me console;

 

Je me dis en voyant l’une de vous passer :

 

Ses pieds ne semblent pas sur le sol se poser,

 

Et, pour l’éviter, elle vole.

 

Votre charme retient le troubadour errant.

 

Vous êtes l’idéal dont Pétrarque s’éprend,

 

Et sur vous la gloire rayonne ;

 

Depuis, ce qui parfois, comme un souffle léger,

 

Murmure à votre oreille, en vous faisant songer,

 

C’est un sonnet qui papillonne.

 

 

Date de publication inconnue

Paul Manivet, amoureux de sa Provence natale, a consacré une grande partie de son œuvre à Avignon et à ses environs. Dans Les Comtadines, il célèbre avec tendresse et admiration les femmes du Comtat, ces figures élégantes et fières qui portent en elles toute l’âme de la région. À travers ses vers, il esquisse des portraits vivants, empreints de douceur et de grâce, mettant en lumière leur force et leur charme intemporel. Inspiré par la culture provençale, il insuffle à son poème une musicalité qui évoque le chant du mistral et la chaleur du soleil méridional. Manivet, fidèle à son style à la fois simple et évocateur, nous offre une vision poétique et sincère de ces femmes qui incarnent, à ses yeux, l’essence même du Comtat Venaissin.

Panier
Retour en haut