Ballade de la connétablie - Jean Claude Denogens
Dans l’or ou le pourpre établie
pour honorer vin rouge ou blanc,
voici notre Connétablie
avec bel insigne à son flanc !
Elle est fille de la Garonne,
toujours prête à rire et chanter
sans, dans son labeur, s’arrêter,
comme faisait la Cadichonne.
Pour honorer vin rouge ou blanc,
dans l’or et la pourpre établie,
voici notre Connétablie
avec bel insigne à son flanc.
Elle s’emploie et multiplie
pour conserver, fière, son rang,
car elle croit et sans folie
à ses deux nectars : lymphe ou sang.
Le connétable fait revivre
un temps célèbre en ces hauts lieux
où, de boire vins merveilleux,
tel son seigneur, serf était ivre.
Avec bel insigne à son flanc,
dans l’or et la pourpre établie,
voici notre Connétablie
pour honorer vin rouge ou blanc.
Chassant peine et mélancolie
avec ce vin loyal et franc
né de la vendange jolie
après qu’aura sonné son ban,
le Connétable, en son armure,
de noir et jaune ou bien vermeil,
est chevalier de l’aventure
prêt au combat dès son réveil.
Dans l’or ou la pourpre établie
pour honorer vin rouge ou blanc,
voici notre Connétablie
avec bel insigne à son flanc.
Prince Connétable, n’oublie
que, Gascon, tu demeures Franc
n’acceptant jamais d’ordalie
et, qu’accusé noble à son banc,
le vin de la Connétablie
de Guyenne, soit rouge ou blanc,
a sa renommée établie
avec bel insigne à son flanc.
Date de publication inconnue
Jean Claude Denogens est un poète qui célèbre avec panache les traditions et l’héritage de Bordeaux. À travers Ballade de la connétablie, il évoque l’histoire viticole et chevaleresque de la région, rendant hommage aux vins de Guyenne, qu’ils soient rouges ou blancs. Son écriture, à la fois rythmée et élégante, rappelle les grandes ballades médiévales, ancrant son œuvre dans une tradition où le vin, la fête et l’identité gasconne se mêlent. Fidèle à l’esprit bordelais, Denogens insuffle à ses vers une fierté teintée de convivialité, comme un toast levé à la mémoire d’un passé glorieux. Entre l’évocation de la Garonne et l’image du Connétable, il redonne vie à un Bordeaux historique, festif et intemporel. Son poème est un chant d’amour à la ville et à son nectar, prouvant que la poésie peut aussi se savourer comme un grand cru.