La tête de cire - Pierre Valdelièvre
Profil de jeune fille étrangement pudique,
Regard fait de douceur et de timidité,
Ovale fascinant, digne d’un buste antique,
Port de tête royal, empreint de majesté,
Tout l’ensemble est trop beau pour n’être point fidèle,
Tant l’artiste sut bien allier avec art
La douceur de la cire à celle du modèle,
Et la beauté plastique à celle du regard.
Quelle fille de roi, quelle patricienne
Pour vivre jusqu’à nous consentit et posa ?
était-elle en son temps blonde vénitienne,
Fille du Titien ? Sœur de Monna Lisa ?
Quel sculpteur modela ton soupçon de sourire,
Dis-nous quel Michel-Ange ou bien quel Tintoret ?
Mais depuis cinq cents ans le visage de cire
Sous son regard de rêve a gardé son secret…
*Le Musée de Lille possède sous le nom de « Tête de Cire » un buste remarquable de jeune fille, en cire et terre cuite, d’auteur inconnu, et datant de la Renaissance Italienne. Il fut légué au Musée par le Chevalier Wicar qui, dans son testament, le désigne par la mention suivante : Une tête de cire datant de l’époque de Raphaël. [note du poète].
Date de publication inconnue
Pierre Valdelièvre a su capturer dans La tête de cire toute la fascination que peut susciter une œuvre d’art. Inspiré par un buste énigmatique du Musée de Lille, il tisse autour de cette figure un voile de mystère et de poésie. Son écriture, fluide et contemplative, interroge le passé avec une tendresse presque rêveuse : qui était cette jeune fille figée dans la cire ? Quelle main de maître l’a immortalisée ? Avec une élégance discrète, Valdelièvre célèbre autant la beauté du modèle que le talent de l’artiste anonyme. Ce poème reflète son attachement au patrimoine lillois, où chaque œuvre recèle une histoire, parfois secrète, souvent émouvante. À travers lui, Lille devient un musée vivant, où l’art dialogue avec le présent et où la poésie offre un regard nouveau sur ce que l’on croit connaître.