Les Regrets - Joachim du Bellay

Scève, je me trouvais comme le fils d’Anchise

Entrant dans l’Elysée, et sortant des enfers,

Quand après tant de monts de neige tous couverts

Je vis ce beau Lyon, Lyon que tant je prise.

 

Son étroite longueur, que la Saône divise,

Nourrit mil artisans, et peuples tous divers :

Et n’en déplaise à Londres, à Venise, et Anvers,

Car Lyon n’est pas moindre en fait de marchandise.

 

Je m’étonnais d’y voir passer tant de courriers,

D’y voir tant de banquiers, d’imprimeurs, d’armuriers,

Plus dru que l’on ne voit les fleurs par les prairies.

 

Mais je m’estonnais plus de la force des ponts,

Dessus lesquels on passe, allant delà les monts,

Tant de belles maisons, et tant de métairies.

 

Date de publication inconnue

Portrait de Joachim du BellayJoachim du Bellay (1522-1560) est l’un des poètes les plus marquants de la Renaissance française, connu notamment pour son appartenance à la Pléiade. Dans son poème Les Regrets, il exprime son admiration pour cette ville au carrefour des influences culturelles et commerciales. Du Bellay y décrit avec émerveillement la beauté et la prospérité de Lyon, notamment sa division par la Saône et le Rhône, tout en soulignant son importance économique. Il évoque également la force de ses ponts et la richesse de ses maisons, faisant de Lyon une véritable métropole de l’époque, surpassant d’autres grandes villes comme Londres ou Venise. À travers ce poème, du Bellay saisit l’essence de Lyon : une ville vibrante et dynamique, aussi bien dans ses commerces que dans ses paysages, où la lumière et l’activité se mêlent harmonieusement.

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