Crépuscule - Charles Calais

Quittez le port! Ramez vers le large en silence

Et regardez au ciel mourir le jour brumeux

Le soleil est blafard, l’horizon est immense

Et les nuages d’or volent silencieux.

 

Du fond de l’Océan deux rayons lumineux

Comme deux bras crispés de haine ou de vengeance

Semblent l’appel mourant, le geste douloureux

Du soleil à la nuit muette qui s’avance.

 

L’Océan est désert. Le bruit dort sur les eaux.

Comme un rêve on entend la marche des troupeaux

Qu’un vieux pâtre muet conduit sur les rivages;

 

Il semble qu’on entend le râle du soleil

Révolté, dont le sang rougit le ciel vermeil

Et ses couteaux de feu poignardent les nuages.

 

Date de publication inconnue

Charles Calais, poète discret mais profondément attaché à la Côte d’Azur, a su capter dans ses vers l’atmosphère unique des crépuscules méditerranéens. Dans Crépuscule, il peint un tableau saisissant du soleil mourant sur l’horizon, où le ciel et la mer se confondent dans une dernière explosion de lumière et de silence. Son écriture, teintée de mélancolie, donne à cet instant une dimension presque mystique, où l’océan devient le témoin d’une lutte silencieuse entre le jour et la nuit. Fils du pays niçois, Calais maîtrise l’art de rendre palpable cette douceur de vivre propre à la Méditerranée, mais aussi sa mélancolie cachée. À travers ses sonnets, il nous invite à lever les yeux vers ces paysages changeants, où la lumière et les ombres se livrent un combat éternel, empreint de poésie et de nostalgie.

Panier
Retour en haut