Tolosa - Decimus Magnus Ausonius

Non umquam altricem nostri reticebo Tolosam,

coctilibus muris quam circuit ambitus ingens

perque latus pulchro praelabitur amne Garumna,

innumeris cultam populis, confinia propter

ninguida Pyrenes et pinea Cebennarum,

inter Aquitanas gentes et nomen Hiberum.

Quae modo quadruplices ex se cum effuderit urbes,

non ulla exhaustae sentit dispendia plebis,

quos genuit cunctos gremio complexa colonos.

 

Decimus Magnus Ausonius (310-395), Ordo urbium

nobilium, « Tolosa »

 

Jamais je ne tairai Toulouse, ma nourrice !

Un mur tout de briques l’enserre, immense enceinte ;

le long de son flanc coule la belle Garonne ;

d’innombrables peuples l’habitent, du fin fond

des neiges des Pyrénées aux pins cévenols,

entre nations aquitaines et espagnoles.

Ce sont quatre villes qui d’elle sont issues,

population partie pas pour autant perdue :

elle embrasse en son giron tous ces siens colons.

 

Ausone, Cortège des villes de renom, « Toulouse».

Traduction : Jean-Christophe Deydier, pour l’ARTELA-CNARELA

Decimus Magnus Ausonius, poète et rhéteur gallo-romain du IVe siècle, a célébré Toulouse avec une admiration qui traverse les siècles. Né en Aquitaine, il fut précepteur de l’empereur Gratien avant d’être nommé consul en 379. Dans son poème Ordo urbium nobilium, il rend hommage à Toulouse, ville qu’il qualifie de « nourrice », encerclée de briques et baignée par la Garonne. Il y décrit une cité prospère, située entre les Pyrénées et les Cévennes, peuplée d’une diversité d’habitants et rayonnant sur la région. Son regard, teinté de lyrisme et d’érudition, témoigne de l’importance de Toulouse dans le monde antique. Par ses vers, Ausone fixe l’image d’une ville fière et accueillante, un carrefour entre cultures gauloise, aquitaine et ibérique. Encore aujourd’hui, ses mots résonnent, ancrant Toulouse dans une histoire prestigieuse et intemporelle.

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