Oiseau - Paul Eluard

Charmée… Oh! Pauvre fille!

Les oiseaux mettent en désordre

Le soleil aveuglant du toit,

Les oiseaux jouent à remplacer

Le soleil plus léger que l’huile

Qui coule entre nous.

 

Publié en 1920 dans le recueil  Les animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux

Photographie de Paul EluardPaul Éluard (1895-1952), de son vrai nom Eugène Grindel, a marqué la poésie française par son exploration audacieuse de l’amour, mêlant surréalisme et lyrisme intime. Hospitalisé jeune pour tuberculose, il y rencontre Gala, sa première muse, qui inspire ses premiers élans poétiques où l’érotisme se teinte de métaphores oniriques. Son poème Oiseau (1920), extrait du recueil Les animaux et leurs hommes, cristallise cette alchimie : les volatiles y « mettent en désordre/Le soleil aveuglant du toit », substituant à la pesanteur du réel un jeu amoureux « plus léger que l’huile ». Cette imagerie aérienne, typique de sa période surréaliste, transforme l’acte d’aimer en révolution poétique où les amants recréent le monde. Si ses engagements politiques et sa résistance durant l’Occupation nourrirent une œuvre militante, c’est dans ses vers amoureux – notamment ceux dédiés à sa seconde épouse Nusch – qu’Éluard atteint l’universel, faisant du désir un langage capable de défier le temps.

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